CORPS AVEUGLES ET PHOTOGRAPHIE : Travail en cours. Voir pour dessiner ? Dessiner pour voir ? Les informations délivrées par le toucher ne sont elles pas aussi pertinentes que celles dues à la vue ? “ la vue est donc une espèce de toucher qui ne s’étend que sur les objets différents de notre visage …il n’y a que l’expérience qui puisse m’apprendre s’il y a conformité de relation entre la vue et le toucher “ Diderot. La longue réflexion sur le dessin en aveugle se poursuit, avec une nouvelle proposition dans laquelle la photographie en aveugle est introduite.
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Ière étape: le dessin: Le dispositif est le même que pour les premiers corps aveugles: le dessinateur a les yeux bandés, il touche d'une main son modèle, qui est entièrement nu, et dessine de l'autre, sur une feuille à plat avec un outil de son choix. La consigne nouvelle consiste à demander plutôt un dessin des contours du corps ( extérieurs et intérieurs ). On garde les trois positions de base, face, profil et dos, mais les modèles choisissent leur attitude, leur pose, ce qui permet de dépasser les habitudes ou souvenirs des dessins antérieurs. Le format et le traitement numérique restent identiques: deux feuilles A4, en hauteur, image numérique 30 x 80.
2ème étape: il est demandé au dessinateur de photographier son modèle, reprenant les mêmes poses que pour le dessin , selon le même processus: yeux bandés, évaluation au toucher de la direction et de la distance pour orienter l'appareil photographique, le but étant de réaliser suffisamment de clichés pour couvrir la totalité de la surface dessinée.
3ème étape:, je numérise les dessins, puis j’opère pour chaque modèle,des montages: montages des dessins entre eux, puis introduction des fragments de photographies dans les espaces des tracés, en respectant le plus possible, le dessin et les photos. C'est bien un travail plastique, et non pas scientifique ou médical.
COMPOSITIONS 1 : Les dessins sont assemblés librement dans un format 40 x 30, sur un fond noir rappelant qu’il s’agit d’une situation en aveugle. Puis les photos sont, placées en fonction des espaces délimités par les traces, parfois entières, parfois réduites à des fragments, mais sans intervention sur la couleur.
COMPOSITIONS 2 : Un dessin dans une des trois positions est choisi pour s’inscrire dans un format vertical de 30 x 80. Les photos prennent place selon le même principe de nécessité dicté par le dessin. J’interviens alors sur la couleur, mais uniquement par un réglage sur la saturation, de façon à souligner ce qui est contenu dans les photographies: ce qui est dans l’ombre ou dans la lumière, ce qui est pris tout près ou au contraire, de loin.
COMPOSITION 3 : J’assemble plusieurs positions du même modèle, dans le format vertical 30x80. La couleur est travaillée avec les réglages TSL ( teinte, saturation, luminosité ), en fonction de ma perception des corps agencés, de ma connaissance des sujets, et en considérant le format comme un espace plastique autonome.
COMPOSITION 4 : C’est comme un retour au point de depart. Le dessin de base est visible, les photos le sont aussi grâce à la suppression du fond noir, qui révèle la multiplicité des angles de prises de vues. La disparition de la couleur est due à la simple désaturation complète de l’image finale. Il s’agit de mettre en evidence la force brutale et innovante des dessins realisés les yeux bandés.
COMPOSITION 5 : Ce travail à venir, fédèrera les 4 étapes précédentes, en associant dans un même ensemble d’images, des corps différents.