Série de 13 images en hauteur, au format 30 x 40 cm ou 60 x 80 Photo montages numériques, dessin, blue screen, impression jet d’encres aux pigments.
J’ai lu « Devant la Loi « , et j’ai aussitôt eu le désir de m’affronter à cette histoire terrible, et cependant salutaire comme le coup de fouet de l’air marin.
Un paysan décide d’aller à la ville consulter la Loi, pour connaître ses droits.
...
Prudent, ne sachant combien de temps prendra cette consultation, il emporte des provisions. Arrivé sur place, il se trouve devant une porte immense, dont un garde interdit l’accès. Il tente d’entrer, en vain. Il demande quand cela lui sera possible. Le garde lui dit que ce n’est pas le moment.Les jours, les mois passent, le garde finit par lui tendre un siège.Il cherche encore à pénétrer , et va même jusqu’à soudoyer le gardien en lui offrant ses dernières provisions. Celui-ciaccepte uniquement pour ne pas le décourager.
Quant à bout de force, le paysan appelle une dernière fois le gardien, il lui demande comment se fait-il que depuis tant d’années, personne n’ait demandé à passer par cette porte, le gardien lui répond que cette porte lui était réservée à lui seul, et que maintenantil va la refermer et s’en aller.
Cette histoire peut paraître terrifiante, car elle décrit nos vies quand elles se figent sur un seul objectif, sur un unique objet de désir, inaccessibles. Mais on peut aussi, parmi de nombreuses interprétations, la considérer de façon optimiste, et y voir un encouragement à chercher une autre voie quand celle que nous voulons absolument emprunter mais qui est infranchissable.
Si « Devant la Loi « est désigné sous le terme de « légende « ou de « parabole « , c’est que cette brève histoire qui tient sur deux pages, et qu’on retrouve dans « Le Procès « , est comme un miroir que nous tend Kafka.