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KAFKA, Parallélisme
LA COLONIE PENITENTIAIRE
KAFKA
PARALLELISME
« DANS UNE COLONIE PENITENTIAIRE »

18 images 30 x 40. Photomontages numériques et impression jet d’encres aux pigments. Octobre 2007.

« Il ne peut s’agir ici d’une écriture toute simple, car elle ne doit pas
tuer tout de suite, mais seulement après une durée
de douze heures en moyenne. »
« Connaît-il son verdict ? Non, dit l’officier ; il serait inutile de le lui annoncer,
puisqu’il va l’apprendre dans son corps. »

Max Brod, qui fit connaître au monde son ami Kafka, rapporte que ce dernier, aimait lire ses nouveaux textes en public. Il ne voulait pas que des comédiens le fassent, car il tenait à une lecture faite d’une voix neutre. Lors de la lecture publique de « Dans une Colonie Pénitentiaire », plusieurs personnes s’évanouirent. Ce récit qui commence par une belle journée ensoleillée, dans une sorte de vallon sablonneux, se termine comme dans une scène de film d’horreur. Les détails de la mécanique destinée à graver dans les chairs, le texte de la sentence : « Honore ton Supérieur », la méticulosité à expliquer les fonctionnements de la machine et les souffrances du condamné, atteignent un niveau de terreur, jamais égalé dans toute l’œuvre de Kafka.
...
On sait que dans tous ses journaux, il n’a écrit, presque distraitement, qu’une seule ligne concernant la première guerre mondiale. Mais la lecture de La Colonie Pénitentiaire, ne laisse aucun doute sur la façon dont il avait perçu ce massacre méthodique. Il était proche des milieux Sionistes, et ne pouvait donc ignorer les menaces qui s’amoncelaient sur la tête des Juifs. Mais il ne faut pas ignorer la difficulté à écrire que ce grand malade, tuberculeux, devait surmonter au quotidien. C’est pourquoi certains exégètes, y ont vu les souffrances que devait endurer l’écrivain dans sa solitude et dans ses doutes : Kafka avait expressément demandé à Max Brod de détruire toutes ses œuvres après sa mort. Sans vouloir à tout prix voir dans cet écrit une prémonition des désastres humains, et des régimes tortionnaires à venir, on peut facilement le considérer comme une métaphore de tous les abus de pouvoir et de toutes les mauvaises raisons d’état à venir.
Les images du haut montrent les maisons opulentes des chefs, qui habitent au dessus du vallon. Les images composites de machines, indiquent le degré de technicité mis en œuvre. Au centre, le prisonnier ne sait pas de quoi on l’accuse, et ignore la sentence prononcée contre lui.
Avant d’expérimenter sur lui-même la machinerie, pour montrer le bien fondé de ses rancoeurs, l’officier range soigneusement ses affaires … et meurt de son obstination.

Pin Balma
Novembre 2007

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