Suite de 10 tableaux au format 20 x 30, divisés en 2 parties : Une partie supérieure contenant le texte, et une partie inférieure contenant l’image. Juillet à Septembre 2006.
Chaque tableau, texte comme image, est composé de 2 plans, séparés de 2 cm. Le plan à la face, est réalisé par impression sur transparent, avec reprise de dessin à la plume. Les 2 tableaux superposés, sont distants de 4 cm . ...
Un cadre en bois, peint en noir grossièrement, isole les contenants, et les enferme dans des fenêtres qui incitent l’œil du spectateur, à deviner ce qu’il y a derrière. Tout n’est pas lisible au premier regard . Il y a un va et vient entre les textes et les images. Pour des raisons techniques de lisibilité, les images visibles sur le site, sont des simulations numériques. Elles ne rendent pas compte de la profondeur des plans, ni des parties dessinées. J’ai lu cette nouvelle, « Un médecin de Campagne », comme un conte fantastique, mais écrit avec un soin méticuleux, sans la moindre emphase. J’y ai retrouvé des sensations déjà perçues à la lecture de « Description d’un Combat ». La réalisation de ces tableaux s’apparente d’ailleurs à celle d’un film. Des personnages, sont incorporés à des images, selon la technique du fond bleu. La réalisation fut l’occasion d’une intense chasse photographique, à la recherche de personnages, de costumes, de lieux et d’objets, en cohérence avec ma lecture du texte de Kafka. Comme pour le film, il fallait écarter la tentation de la reconstitution historique datée, pour conserver à cette nouvelle, son étonnante permanence. Le fil conducteur, est assuré tout au long de mon travail sur Kafka, par la présence d’un ou de plusieurs acteurs déjà aperçus ici ou là, ainsi que par une écriture plastique, très proche, en particulier pour les accords colorés. En revanche, la technique plastique, le format, le rôle du texte, le choix des écrits, sont en constante évolution. Dans « Un médecin de campagne « , il y a comme un crescendo, dans la « folie » des images, pour aboutir à la dernière, avec ce texte étrange et foisonnant d’images : « Nu, exposé au froid, dans une voiture terrestre, attelée de chevaux qui ne le sont pas, je suis un vieil homme qui erre au hasard… ». Comme dans les précédentes séries, j’ai endossé le rôle de K., parce que je refuse la distanciation de bon goût, le scepticisme ambiant, le cynisme « tendance ». Je revendique l’investissement personnel dans l’œuvre. Peut-être aussi, parce que comme le Médecin, la création m’entraîne dans une errance, loin de toute production attendue.