( Vers Minuit, est la seconde version de la nouvelle Description d'un Combat ) Suite de 30 images en largeur, au format 33 x 48 cm. Images du film « Description d'Un Combat « , photo montages numériques, gravure, scans, blue screen, impressions jet d'encres aux pigments.
Une fois terminé le film et la série des sept grandes peintures sur le thème de « Description d'un Combat « , je ne pouvais me résoudre à abandonner Kafka. J'avais conservé les nombreuses pages de notes prises en lisant les deux versions de cette nouvelle. ...
Si dans le film et dans les peintures, j'avais favorisé la première version, dans la série d'images que je décidais de commencer à la suite, je me suis tourné plutôt vers la deuxième version d'où le titre de « Vers Minuit ». Tout comme pour le film, j'ai conservé la notion de récit, respectant le fil narratif, par l'intermédiaire des fragments de textes. Après un long travail d'esquisses, j'ai opté pour une suite de 30 images, en utilisant le plein format du papier aquarelle d'impression, c'est à dire, 33 x 48 cm. Ce format, non homothétique à celui de l'écran, m'éloignait du risque de redondance, par rapport au film.
Pour créer un lien entre les différentes images, , autant qu'une identité qui leur soit propre je suis parti d'une gravure sur pellicule, faite à la loupe, et agrandie par scanner, dont j'ai conservé uniquement les traits, et qui a constitué la couche supérieure de chaque image.
J'ai ensuite utilisé quelques éléments extraits du film, sous forme d'images fixes, retravaillés en couleurs, en matières, en proportions ; ils ont crée une autre couche sous la première.
Puis j'ai parcouru Toulouse et ses environs, photographiant plusieurs centaines d'éléments de toutes sortes, classés ensuite par catégories, imprimés en vignettes, et qui ont constitué une réserve où puiser.
J'ai aussi scanné un grand nombre de diapositives prises à Prague, à Vienne, à Berlin, à StockholmÉ pour les inclure également dans les couches successives. Il faut ajouter les textes, et les prises de vues en studio, devant le blue screen, et on obtiendra ainsi jusqu'à 26 calques numériques superposés.
La complexité du procédé correspondait bien à ma lecture de cette Ïuvre étrange, dont le sens échappe au lecteur, à tout moment, dont la richesse des visions, est impossible à réduire à une simple feuille de papier, et dont certaines phrases éblouissent l'imagination : « répondant à ma volonté les pierres disparurent, et le vent s'apaisa et se perdit dans le soir », ou encore cette constatation terrifiante « les quatre hommes se noyèrent en silence », ou enfin, « au loin, la vie continue ».
Quand les 30 images furent virtuellement terminées sur la palette graphique, a commencé un long travail de réflexion, de comparaison, de correction, de calibration,avant l'impression.
Quand tout fut achevé j'eu le sentiment de m'éloigner d'un monde différent qui avait fini par m'accepter. Mais ne pouvant me résoudre à le quitter, je continue depuis près de trois ans à voyager discrètement près de K.
J'ai ensuite réalisé « Devant la Loi », « Le châtiment d'Amalia » et « Frieda », deux séries issues de la lecture du « Château », et j'ai entamé, à partir du « Procès », un nouvel ensemble intitulé probablement « La Justice a Tranché ». Et j'ai en réserve, d'une manière diffuse d'autres projets, dont un retour à la peinture.